Pendant la superbe excursion à Kuelap, j'ai fait la connaissance d'Alberto, professeur espagnol extraordinaire qui m'a convaincu de se joindre à lui pour la découverte d'Iquito. L'idée ne m'avait même pas traversé l'esprit mais cette première croisière a été superbe, nous sommes parti de yurimaguas pour atteindre en deux jours la ville d'Iquito.
Ce n'est pas forcément le bateau de croisière comme l'on peut l'imaginer et pourtant en choisissant le dernier étage les prestations étaient plutôt bonne. Après l'achat obligatoire du hamac, on a passé la première nuit sur le bateau à quai, ce qui nous a permis de voir le chargement fantastique des cales dans un désordre parfaitement organisé.
Les deux jours suivant seront très reposant, le temps ne s'arrêtant que pour les pauses repas et les innombrables arrêts dans les petits villages afin de charger et décharger la cale de toutes la marchandise : vaches, cochons, riz, bananes et toutes sortes de fruit. Le hamac est finalement très confortable y compris pour dormir et ce voyage, qui sera un apprentissage avant le suivant, nous a permis de profiter tranquilement des superbes paysages.
Arriver à Iquito ,c'est une peu comme arriver sur une île, même si les alentours ne sont pas d'eaux, la forêt donne l'impression d'isolement. La ville garde quelques superbes restes de son apogée lors de l'essor du caoutchouc en Amérique latine. On peut encore y admirer une des maisons de fer construit par Eiffel en France et envoyé en pièces détachées pour sa reconstruction à Iquito. C'est aussi de nombreux édifices recouverts de faïence portugaise qui jalonnent la ville dans l'indifférence générale.
Après quelques balades en mototaxi, dont le bruit est quasiment une caractéristique de la ville, nous sommes allé visiter le quartier de Belen. Le développement des quartiers populaires se fait généralement dans les terrains dont personnes ne veut, pour Belen cela lui donne toute sa particularité. Construit au bord du fleuve, le quartier est entièrement inondé pendant la période des pluies. Le quartier se partage donc entre maisons flottantes et maisons sur pilotis dont le rez-de-chaussée ne s'utilise que pendant la période sèche. Visite intéressante au milieu d'une population sympathique, nous prévenant des éventuelles voleurs et allant jusqu'à chercher les policiers pour notre protection.
Après quelques jours nous avons décidé de reprendre le bateau pour descendre un peu plus sur le fleuve. Le second bateau a été très différent du premier et j'avoue qu'il est difficile d'expliquer pourquoi ce bateau m'a autant plus. Nous nous sommes de nouveau installé au deuxième étage mais cette fois pas de différence de classe et quasi pas de touristes à part nous. Le sol était une mosaïque de plaques d'acier soudées pour rapiécer le pont, la seule chose uniforme étant la couleur noire crasse empêchant de se balader pieds nus. Les sacs restaient sur des palettes de bois pour éviter d'être mouillés par les flaques d'eau qui envahissaient le pont après un orage. Cette fois les hamacs étaient accrochés dans un grand désordre et la proximité entraînait le balancement de tous les hamacs lorsque l'un de nous se levait.
Non vraiment pas évident d'expliquer car ce n'est pas non plus l'expérience des trois heures passés avec le moteur à fond pour se sortir d'un banc de sable, ni le réveil brutal pendant la sieste suite au sommeil du capitaine et à la collision avec la rive.
Bah! Une des raisons c'est sûrement le paysage, grâce à la vitesse peu élevé du bateau et à l'immensité de l'amazone dans cette partie, on à l'impression de rester immobile avec les décors des deux rives qui défilent à nos côtés. Un des très bon moments a été la dernières soirée où nous avons attendu l'arrivée de la ville de Leticia, sur le toit du bateau et assis sur la barque de secours, regardant le coucher de soleil plus que magnifique avant d'attendre les lumières de la ville sous le paysage éclairé par la pleine lune.
Hum, Leticia! Oui cette ville n'était pas prévu au programme de départ et c'est normale puisque je ne pensais pas visiter ce pays mais la rencontre de nombreux voyageurs m'a fait changer d'idée et de chemin. C'est donc avant la libération d'Ingrid que j'avais acheté mon billet retour pour le nord afin de visiter en dernier la Colombie.
Les premiers jours ont été plutôt tranquilles sauf dimanche dernier où le président colombien avait choisi la ville de Leticia, trente mil habitants et perdu dans la jungle, pour célébrer la fête nationale en compagnie des présidents péruviens et brésiliens. Cela a surtout été amusant lors des répétitions de nuit ou lorsque les militaires de l'orchestre militaire ont commencé à jouer "frère Jacques dormez vous?"
J'ai tout de même fait une petite sortie jusqu'au village de Puerto Nariño. Très jolie petit village où les propriétaires des maisons colorées entretiennent également le petit jardin de fleur exotiques sur l'avant de la maison.
Mais maintenant la jungle va se terminer puisque cette après midi, je prends l'avion en direction de Bogota afin de voire un autre côté de la Colombie, la jungle paraissant une entité à part où le nationalisme à moins d'emprise.